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Le nom antique de ce village est  Set Maât her imenty Ouaset, signifiant « La place de Maât (ou Place de vérité) à l'ouest de Thèbes »

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Serviteur de la Place de Vérité est le nom donné aux artisans du village de Deir El-Médineh où résidait la confrérie chargée de construire et décorer les tombeaux et les temples funéraires des Pharaons et de leurs proches entre la XVIIIe et la XXe dynastie. 
Ils sont ,entre autres, à l'origine des tombes des Aménophis, des Thoutmôsis et des Ramsès et du temple d'Hatchepsout. Les fouilles ont permis de retrouver un grand nombre d'ostraca ( éclats de calcaire ou de poterie sur lesquels on a écrit ou déssiné) et de papyri (papier)qui nous renseignent de façon très détaillée sur la vie quotidienne et les habitudes de travail des ouvriers. Ils se composaient d'un personnel très qualifié de petits fonctionnaires, bien logés, nourris, soignés et bénéficiant d'un statut enviable. Sur le flanc de la colline se trouve une série de très belles tombes appartenant aux scribes et aux artisans préposés aux tombes royales et au nord-est se trouve un temple ptolémaïque.

Le village :
C'est une des très rares agglomérations antiques qui nous soit parvenue. Le village est protégé par un mur d'enceinte en briques rouges. Il est composé d'environ 70 maisons donnant sur une rue principale. Les maisons étaient composées de 3 ou 4 pièces : une entrée avec une chapelle surélevée ; une pièce de vie ,au plafond également surélevé , percée de petites fenêtres; une ou deux pièces donnant sur une cour équipée d'un four en argile et servant de cuisine. Les cours étaient protégées du soleil par des canisses de roseau. Le tout était complété par une cave, destinée à maintenir au frais les denrées alimentaires, et d'une terasse.
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Le temple ptolémaïque :
Il fut édifié par Ptolémée IV. C'est un petit temple de 9m sur 22m, il comporte 3 sanctuaires juxtaposés précédés d'un vestibule soutenu par 2 colonnes. Ici étaient vénérés Amon-rê-Osiris, Amon-Sokar-Osiris et Hathor. On trouve  ,dans un des sanctuaires, une très rare représentation de la pesée du cœur devant Osiris qui devait définir si le défunt était apte ou non à entrer dans le royaume des morts.

 Bien que fort modeste, le temple est pourvu d'un mammisi, actuellement visible sous la forme d'un renfoncement dans un des murs extérieur du temple, lui même entouré par une enceinte en briques crues typiques.


Le travail :
Deux équipes se partagaient les tâches d'aménagement et de décoration des sépultures pharaoniques. Chacune comptait contremaîtres, maçons, peintres, graveurs, sculpteurs, etc. La ville se développa jusqu'à compter, sous Ramsès IV,  1 200 artisans nourris par de nombreux pêcheurs, cultivateurs et porteurs d'eau. Commérages, petits différents, ainsi que scandales et trahisons, caractérisent la communauté. Celle-ci n'hésite pas à protester lorsque les salaires ne sont plus versés et à faire les premières grèves de l'histoire.

Les tombes :
La nécropole abrite une serie de belles tombes richement décorées. Une cour entourée d'un mur extérieur conduisait à une chapelle pour le culte du défunt, parfois surmontée d'un pyramidion placé sur une petite pyramide. On accède au caveau par la cour extérieure ou par un couloir descendant creusé dans la roche. A l'intérieur était déposé l'équipement funéraire: découvert intact dans la tombe de l' architecte Kha et dans celle du serviteur de la Place de la Vérité:       Sennedjem. Les peintures, qui ornent la plupart de ces tombes ,s'inspirent de répertoires religieux et culturels. La chasse et les travaux des champs sont des activités symboliques liées à l'au-delà. Les tombes les plus belles sont celles de Sennedjem (TT1), d'Inherkhaou(TT359), de pashedou (TT3).
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Personnages illustres :
Sennedjem est un serviteur de la Place de Vérité dans le village pendant les règnes de Séthi Ier et de Ramsès II. Il a été enterré avec son épouse, Iy-Néferti, et sa famille dans un tombeau de la nécropole du village. Quand son tombeau a été découvert , il y avait dedans du mobilier ordinaire de son domicile, y compris un tabouret et un lit, qu'il a effectivement utilisés 

Une cour, ouverte vers l'est par un pylone, faisait face à la demeure de Sennedjem au sud-ouest du village. Dans la cour, à l'ouest, trois chapelles sont surmontées d'un pyramidion, celle de Senedjem ainsi que celles de deux autres membres de sa famille, Khonsou et Tjaro. Un puits dans la cour permet d'accéder au caveau de Senedjem dans lequel étaient regroupés les dépouilles de Sennedjem, sa femme et dix-huit enfants et autres parents.

Paneb est un artisan peu scrupuleux du village dont le nom a fait la chronique judiciaire à la XIXe dynastie.  Il parvient au poste de chef des ouvriers après la mort violente de son prédécesseur Neferhotep ; il y est attesté vivant pour la dernière fois en l'an 2 de Siptah, date de son licenciement.

Ses forfaits firent tant de bruit que sous le règne de Ramsès III, son cas fut cité comme précédent juridique au cours d'un procès au sujet d'un vol de pierre dans la tombe d'un des fils de Ramsès II.
Les premières mentions de Paneb apparaissent dans la plainte d'un certain Amonnakht dont le père était chef d'équipe et avait nommé son fils aîné Néferhotep pour lui succéder. Mais celui-ci fut assassiné dans des circonstances mystérieuses et ce décès impliquait que ce fût normalement Amonnakht qui héritât des fonctions de leur père puisque son aîné était mort sans enfant. Mais Paneb, soudoyant le vizir, déposséda Amonnakht et prit sa place.

Paneb s'étant assuré de la protection d'un personnage important de la communauté, il accomplit sereinement ses forfaits, se distinguant notamment par son caractère violent. Plusieurs dépositions font en effet état de violences répétées, la nuit, contre des ouvriers auxquels il jetait des pierres. Nombre de dépositions font également état de ses relations illicites avec des femmes, sans qu'on comprenne bien s'il s'agissait d'adultères ou carrément de viols. Le texte égyptien n'est pas explicite, sauf une fois :« Il dépouilla Iyemouhaou de son habit et la jeta sur le faîte d'un mur et la força. » Outre sa propension à la violence physique, Paneb était malhonnête et fut impliqué dans plusieurs affaires de détournement de biens, notamment en accaparant à son profit le travail des ouvriers, les obligeant à construire sa propre tombe au lieu de celle de Séthi II. Qui plus est, il préleva les pierres destinées à l'édification de la demeure d'éternité du Pharaon pour sa propre sépulture. L'archéologie a permis de les retrouver dans la tombe de Paneb, la tombe thébaine TT211, creusée à même la falaise de Deir el-Médineh. Profitant des troubles politiques provoqués par l'avènement de l'usurpateur Amenmes, destitué par Séthi II , il fait renvoyer le vizir qui voulait le sanctionner. Mais si aucun texte ne le dit clairement, il semble qu'il finit par être condamné par le vizir Hori.  Sa célébrité le rattrapa sous le règne deRamsès III une dizaine d'années plus tard, lors du procès d'un autre voleur :

« (...) Or vous avez vu l'attitude du vizir Hori au sujet du problème de l'enlèvement des pierres ; on dit « Le chef d'équipe Paneb a enlevé des pierres (...) ». Et Qenna le fils de Rout a agi très exactement de la même manière au sujet du couronnement de la tombe des enfants royaux du roi l'Osiris Ousermaâtrê-Sétepenrê. Faites examiner ce que vous devrez leur faire. »

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